Bonne Année à tous

En ces premiers jours de 2017, sous l’image emblématique de Jérusalem, ville de la paix qui enlumine notre page, nos pensées se tournent d‘abord vers les pays du Proche Orient, Syrie et Irak surtout, ravagés par les guerres, avec leurs centaines de milliers de victimes et millions de personnes déplacées qui ont tout perdu. Sans oublier les victimes des attentats récents en Turquie, en Allemagne, en Belgique et en France….

Plus proche de nous, nous pensons à notre « Maison Commune » l’Europe, frappée par le Brexit, incapable d’adopter une position commune en matière de politique extérieure, de défense, d’immigration et de politique financière et sociale, malgré les dangers qui la menacent, et marquée par l’incertitude du résultat d’élections dans plusieurs de nos pays sous l’effet de mouvements populistes prêts à revenir sur tout l’acquis de paix et de prospérité des soixante dernières années.

Dans le reste du monde, l’inquiétude est entretenue par le comportement de trois des cinq grands du Conseil de sécurité : la Chine s’affirme toujours plus en Asie-Pacifique,  s’impose par son économie dynamique et, bien que fragilisée par son endettement excessif interne, reste le créancier dominant de son principal partenaire économique et concurrent politique en Asie-Pacifique, les États-Unis.

La Russie, dont le Président aspire à rendre à son pays sa grandeur du temps des Tsars et de l’Union soviétique. Il compense sa faiblesse économique par une politique visant délibérément à diviser les pays de l’Union Européenne en entretenant l’instabilité en Ukraine et  retrouve une place et un rôle déterminants au Proche-Orient en profitant des défaillances des États-Unis pour soutenir son allié syrien par des bombardements qui rappellent ceux qu’il avait opérés à Grozny pour mater l’insurrection tchétchène.

Les États-Unis enfin, dont la récente élection présidentielle a été perturbée par des cyberattaques russes – qui pourraient fort bien se reproduire lors des prochaines élections européennes – et dont l’issue donne au monde un nouveau Président de la première puissance mondiale qui inquiète par son style, ses propos et ses premières nominations.

Donald Trump laisse planer une immense incertitude sur ce que sera sa politique, en matière de défense : avenir de l’OTAN ?  En matière de lutte contre le réchauffement climatique : mise en œuvre ou non des décisions de la COP21 ? En matière de commerce mondial : rétablissement d’un protectionnisme qui appauvrirait le monde entier, sous le prétexte fallacieux de redonner du travail aux Américains ? Seule perspective encourageante : sa volonté de lancer un programme de grands travaux aux États-Unis qui relancerait une économie encore mal remise de la crise de 2007-08 – au prix cependant d’un accroissement colossal de la dette publique.

Face à toutes ces incertitudes, qui recèlent à la fois des menaces et des opportunités, comment pouvons-nous réagir, qui sommes tout à la fois Français, Européens et singulièrement enfants d’Abraham ?

D’abord en rappelant tout simplement que nos trois religions abrahamiques portent le même message d’Amour – du Créateur pour chacun de nous – et d’Amour, de Fraternité et de Solidarité, de Justice et de Paix, entre tous les humains. Que nous sommes donc facteurs de réconciliation et de paix, sachant transcender nos différences de race, de culture, de langue, de religion, de croyances, pour vivre ensemble pour le mieux-être de tous.

Ensuite en rappelant que l’avenir de l’Europe se joue au berceau de l’Europe, la Méditerranée. Cela signifie que les pays de l’Union européenne – en commun avec le Royaume Uni transcendant les négociations sur le Brexit – devront s’unir pour adopter une position et surtout une action communes sur le Proche Orient, à commencer par la résolution du conflit Israël-Palestine.

Comme le disait fort justement Ban Ki Moon, le Secrétaire général sortant des Nations Unies devant le Conseil de sécurité le 18 décembre dernier :

Il est possible de sortir de cette impasse si les deux parties appliquent les recommandations du rapport récent du Quatuor pour le Moyen-Orient. Mais il y a des obstacles importants.  Les activités de colonies de peuplement menées par Israël au-delà de la frontière de 1967 sont en violation flagrante du droit international et de la quatrième Convention de Genève. Le Secrétaire général a demandé aux législateurs de bien vouloir reconsidérer un projet de loi qui régulariserait plus d’une cinquantaine d’avant-postes et des milliers de logements construits sur des terres palestiniennes privées en Cisjordanie.

Le Secrétaire général a recommandé qu’Israël prenne des mesures fortes pour autonomiser l’Autorité palestinienne, ce qui profiterait au peuple palestinien et augmenterait la sécurité israélienne.  De leur côté, les Palestiniens doivent aussi prendre des mesures courageuses et concrètes pour combattre l’incitation à la violence.
Les actions et les déclarations qui glorifient la terreur sont inacceptables, a martelé M. Ban.  Il a dénoncé la pratique de la détention administrative et les mauvais traitements en détention, de même que la restriction de la liberté d’expression par les autorités israéliennes et palestiniennes.  Il a également condamné les exécutions de prisonniers par le Hamas à Gaza.

Ensuite, l’absence d’unité palestinienne à travers les territoires occupés présente un obstacle à la solution des deux États.  Le Secrétaire général a regretté que des élections générales palestiniennes n’aient pu être organisées.  Il faut renouveler la légitimité démocratique du leadership palestinien et des institutions palestiniennes et s’assurer qu’elles représentent tous les Palestiniens, a-t-il exhorté.  Le Hamas doit renoncer une fois pour toutes à la violence et reconnaître le droit d’exister d’Israël.

L’Europe, dont les nations qui la constituent ont su se réconcilier après les conflits meurtriers du XXè siècle, peut puissamment contribuer à résoudre ce conflit très circonscrit. Elle doit  rappeler aux Israëliens leurs responsabilités mais rappeler tout autant aux Palestiniens qu’ils doivent absolument reconnaître Israël et sa présence à Jérusalem. S’agissant de l’Iran, état incontournable dans la région et partie prenante à toute solution, l’Europe, comme l’a déjà fait la Chancelière Merkel , doit lui rappeler la nécessité absolue de reconnaître Israël. Ses dirigeants en effet, le Guide Suprême Khameini et le Président Rohani (pour qui « Israël est non légitime ») en réclament régulièrement la destruction. Le régime iranien arme aussi le Hezbollah dont l’objectif est l’anéantissement d’Israël, avec des dizaines de milliers de fusées implantées au Liban et pointées sur Haifa et Tel Aviv. C’est bien en effet le déni d’Israël, manifesté aussi par la déclaration de l’UNESCO niant toute présence juive à Jérusalem, qui reste l’obstacle majeur à la création des deux états.

Le successeur de Ban Ki Moon aux Nations Unies, Antonio Gutteres, nous invite aussi, tous, à œuvrer pour la paix :

Tout ce que nous valorisons en tant que famille humaine – la dignité et l’espoir, le progrès et la prospérité – dépend de la paix ». Mais la paix dépend de nous. Engagez-vous à mes côtés au service de la paix, jour après jour. Faisons de 2017 une année pour la paix.

Faisons de 2017 l’année où nous tous – citoyens, gouvernements et dirigeants – aurons tout fait pour surmonter nos différences…. De la solidarité et la compassion dans notre vie quotidienne, au dialogue et au respect quels que soient les clivages politiques… Des cessez-le-feu sur le champ de bataille aux compromis à la table des négociations.

Amis de la Fraternité d’Abraham, faisons en sorte que dans nos prochaines élections en Europe nous ayons à cœur d’élire des gouvernements qui sauront s’unir pour promouvoir la paix dans nos murs, chez nos cousins du Proche-Orient, et construire cette Euro-Méditerranée, zone de commerce et d‘échanges, de prospérité et de paix.

« Que la paix règne dans tes murs, l’apaisement dans tes maisons » Ps. 122, 7

Bonne Année

Edmond Lisle
Président, Fraternité d’Abraham
1er janvier 2017

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