Élections européennes

Fin mai nous nous prononcerons tous sur l’avenir de notre Europe : que voulons-nous qu’elle devienne, « Maison commune » ou « Auberge espagnole » ?

Les candidats s’affairent, même au Royaume Uni, pourtant sur le point de quitter l’UE.

Là le candidat le plus en pointe est Nigel Farage. Député européen, il avait toujours milité pour la sortie de son pays à la tête du parti qu’il avait alors fondé UKIP (United Kingdom Independence Party) qu’il a depuis quitté pour en fonder un autre Brexit UK. Redoutable manipulateur de foules, il les harangue pour dénoncer les méfaits de l’UE, plaidant pour un retour à une Angleterre « indépendante », oubliant simplement que ce qui avait fait la grandeur du Royaume Uni était précisément son ouverture sur le reste du monde.

Il a beaucoup d’émules sur le continent :

  • Gert Wilders, le blond populiste néerlandais, veut freiner toute immigration.
  • Victor Orban en Hongrie veut maintenir la pureté ethnique – et le catholicisme – de son pays en limitant toute immigration.
  • Même son de cloche en Pologne où le parti au pouvoir depuis 2015, Droit et Justice, accroît les pouvoirs de l’exécutif face aux pouvoirs de la justice et du parlement et limite  l’immigration afin de maintenir la « pureté » d’une Pologne catholique.
  • La Pologne oublie que c’est grâce au catholicisme universel d’un Pape polonais et d’un syndicat chrétien Solidarnosz que les Pays d’Europe centrale et orientale se sont libérés d’un régime totalitaire athée, qui non seulement réprimait toute liberté individuelle mais s’était  révélé incapable d’assurer la prospérité économique de ses citoyens.
  • La Pologne oublie aussi que sa croissance économique spectaculaire doit beaucoup aux capitaux de l’UE.
  • En Autriche comme en Italie, des partis de droite sont au pouvoir, hostiles aux étrangers.

Notre continent, pourtant de tradition judéo-chrétienne, semble avoir oublié le commandement du Lévitique (19- 33,34) :

« Si un étranger vient séjourner avec toi, dans votre pays, ne le molestez pas. Il sera pour « vous comme un de vos compatriotes, l’étranger qui séjourne avec vous, et tu l’aimeras « comme toi-même, car vous avez été étrangers dans le pays d’Égypte : je suis l’Éternel « votre Dieu ».

Notre continent, avec ou sans le Royaume Uni – mais espérons quand même que ce sera finalement avec lui – est menacé dans sa sécurité par les conflits d’Afrique et du Proche-Orient attisés par des voisins belliqueux, Russie, Iran, Turquie et entretenus par l’instabilité politique de nombreux pays de la région.

Elle est menacée dans son développement économique par la rivalité croissante des deux super-puissances de la planète, la Chine et les États-Unis.

Désunies, les moyennes puissances que sont le Royaume Uni, la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, ne font plus le poids à l’échelle mondiale.

L’Union Européenne, lorsqu’elle parle d’une seule voix, comme elle sait le faire sur le plan commercial, se fait entendre et respecter.

Au cours des prochaines élections, faisons en sorte que nous élisions des députés qui affirmeront leur volonté de construire une Europe plus solidaire et fraternelle, grâce à une harmonisation de ses politiques fiscales,  sociales et éducatives ;

Une Europe plus puissante économiquement, grâce à une devise qui soit un vrai contre poids face à un $ trop puissant ;

Une Europe mieux armée, grâce à une politique de défense commune ;

Une Europe politique enfin capable de ramener la paix dans cette zone Euro-Méditerranéenne d’où elle est elle-même issue.

Edmond Lisle – Président
14 mai 2019

Facebooktwittergoogle_pluslinkedinmail