Calais… Le Nord et sa côte d’opale, les Cht’tis et le cht’immi.

Du 25 mai au 5 juin 2015, j’ai été bénévole au Secours catholique auprès des exilés de Calais. Issus de la corne de l’Afrique ou du Moyen-Orient, ils sont 3 000 à vivre comme ils peuvent, avec le soutien des Calaisiens et des associations caritatives. La plupart souhaitent refaire leur vie en Angleterre mais restent bloqués côté français, faute d’autorisation pour traverser.

Dix jours durant, j’ai pris part à ce quotidien de tensions, d’espoir, d’embruns salé et de vent frais. Drôles ou dramatiques, les événements se sont succédé à cadence soutenue. J’ai ainsi été témoin de l’évacuation manu militari d’un quasi bidonville comme de très conviviaux cours d’alphabétisation pour arabophones. Mon engagement humanitaire m’a amenée à superviser les douches de plusieurs centaines d’individus et à rédiger les récits de vie mouvementés de demandeurs d’asile. A chacune de ces occasions, j’ai cherché à comprendre les espoirs, difficultés et rêves de ceux qui vivent cette situation : exilés, humanitaires, Calaisiens et forces de l’ordre. Peu après mon départ, quelques 1700 et 2000 exilés ont tenté de forcer le dispositif de sécurité de l’Eurotunnel fin juillet 2015. La quasi-totalité a été expulsée du lieu et l’un d’entre eux y a perdu la vie. Ce coup de force confirme, si besoin, l’impasse dans laquelle s’est fourvoyée l’approche sécuritaire suivie jusqu’ici. Si je n’y ai pas assisté, les causes de ce drame étaient largement visibles lors de mon séjour. Aussi j’espère, par le récit de mes découvertes et observations, donner quelques éléments de compréhension de ce drame. Au-delà de l’événement et de la polémique qui s’en est suivie, j’espère également, apporter un éclairage plus humain sur le rôle et les responsabilités de chacun.

Que leur départ soit motivé par une guerre civile, une dictature ou le désir d’une vie meilleure, l’accueil des exilés est aujourd’hui intensément débattu en Europe. Otage des blocages politiques et crispations diverses de nos sociétés, Calais me parait riche d’enseignements pour l’ensemble du continent. Nous savons que les choix actuels de nos dirigeants seront lourds de conséquences sur la capacité d’accueil de l’Europe et le devenir de ceux qui souhaitent s’y réfugier ou installer. Désireuse de contribuer au débat d’idée, je vous propose une réflexion sur la différence et l’intégration de l’autre. A partir de l’exemple de Calais, je décris les défis et potentiels de l’intégration et souligne la fragilité, mais aussi les ressources de l’exilé.

Suivez-moi donc dans cette aventure entre « jungle », Sous-préfecture et plages de sable blanc, ce petit bout de France à la fois si surprenant et si proche de nous.

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