Le 30 septembre prochain tous les Juifs du monde célébreront Kippour. Mais ce sera aussi le vingtième anniversaire, jour pour jour, de la déclaration de repentance des Evêques de France, qui fut lue par Mgr de Berranger, Evêque de Saint-Denis. Et c’est aussi avec émotion que nous nous souvenons de ce Prélat, décédé il y a seulement quelques mois.

L’année de cet évènement, 1997, apparaît comme l’aboutissement historique d’un double processus.

D’abord celui du rapprochement entre Juifs et Chrétiens, après la Seconde Guerre Mondiale et la Shoah. Réunis par Jules Isaac, qui avait magistralement dénoncé des siècles « d’enseignement du mépris », des pionniers réunis dans le petit village suisse de Seelisberg devaient rédiger les fameux « Dix points ». Ce furent les repères donnés aux Églises pour les aider à mettre fin à l’animosité vis-à-vis des Juifs et les encourager, au contraire, à « l’amour fraternel à l’égard du peuple de l’Ancienne Alliance, si durement éprouvé ». Et ces bases-là permirent, une quinzaine d’années plus tard, la révolution que fut Vatican II vis-à-vis du Judaïsme.

Ensuite, celui de la connaissance précise de que fut le déroulement des persécutions antisémites, puis la déportation des Juifs de France pendant l’Occupation allemande. Longtemps occultée, la complicité active du gouvernement de Vichy fut révélée à mesure des travaux d’historiens, depuis l’américain Paxton jusqu’aux recherches infatigables de Serge Klarsfeld. S’imposant après les décennies 70 et 80, cette nouvelle approche eut une consécration politique après le célèbre « discours du Vel d’Hiv » du Président Jacques Chirac, en 1995.

Mais, au-delà de Vichy, c’est toute la société française qui fut interrogée, à mesure des travaux et de l’ouverture des archives. Et parmi les institutions concernées, l’Eglise Catholique qui – sans oublier bien sûr « les Justes » et l’action courageuse de beaucoup pour cacher des Juifs persécutés – ne dénonça pas les persécutions de ces années noires. Mgr Olivier de Berranger a parfaitement résumé la « genèse » de la déclaration de repentance, rédigée après cette longue séquence historique ; genèse lointaine, mais aussi proche et avec le concours primordial de Mgr Lustiger, comme on le lira ici.

Jean Corcos

 

 

 

 

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