Personne mieux qu’André Chouraqui ne correspond au thème choisi cette année pour le Festival des Cultures Juives : Ensemble. Il est en effet, l’homme qui rendit possible cet « ensemble » partout où il vécut. Cet érudit, traducteur de la Torah, des Évangiles et du Coran, toujours à l’écoute bienveillante de celles et de ceux qu’il croisât, quelles que furent, quelques furent leurs langues et leurs cultures, demeure jusqu’à ce jour un exemple pour tous. Son message, universel, reste le nôtre.

André Chouraqui a puisé son génie des langues et son rêve insensé de paix entre les trois religions monothéistes dans l’Algérie de ses pères, cette Algérie si diverse, à la fois berbère, juive, byzantine, andalouse, arabe, ottomane et française. Né à Aïn-Témouchent, petite bourgade près de la ville historique de Tlemcen où vivait, au Moyen-Âge, le célèbre Rav Ephraïm Enkaoua, il est issu d’une famille dont les ancêtres venaient de l’étincelante Andalousie médiévale. Il parle arabe avec ses amis musulmans, français en famille, hébreu à la synagogue. Son rabbin lui apprend la Torah par cœur et en hébreu. Ses camarades de jeu sont musulmans et, quand il lève la tête, il entend les cloches de l’église du village. « Trois langues, trois textes sacrés, trois religions, trois cultures trottaient en permanence dans ma tête » aimait-il à dire à propos de son enfance. La Bible fait partie de son patrimoine génétique. Elle est pour lui charnelle. Juriste, écrivain, linguiste, poète, essayiste, exégète et historien, André Chouraqui est un véritable jongleur de mots quand il se met à traduire les Textes Sacrés. Il aura rencontré trois Papes, Pie XII, Paul VI et Jean-Paul II.

André Chouraqui laissera le souvenir d’un chantre de l’Alliance des Cultures et des Religions, présent sur toutes les routes du monde.

Morial et la mairie du 4ᵉ arr. de Paris (2 place Baudoyer) rendent hommage à André Chouraqui, « le penseur du possible », mercredi 20 juin  à 18h.

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