L’Assemblée générale de la Fraternité d’Abraham s’est tenue sur les lieux mêmes de sa fondation il y a maintenant un peu plus de cinquante ans, dans la grande salle de réception de la magnifique Grande Mosquée de Paris le dimanche 17 juin 2018. Une soixantaine d’adhérents et d’amis s’étaient réunis, auxquels s’étaient joints une dizaine d’étudiants musulmans qui suivent les cours de théologie de l’Institut Al Ghazâli afin d’approfondir leur religion ; à l’issue de cet enseignement, certains seront aumôniers ou imams.

Nous ne ferons pas ici le procès-verbal de cette réunion dont il sera rendu compte de façon détaillée dans la prochaine édition de notre revue : nous rendrons plutôt compte de quelques-unes des réflexions qu’inspirent aux dirigeants et aux membres de notre communauté la situation de notre pays et plus largement du monde, leur expérience personnelle, les projets de notre association. Nous voulons ainsi montrer l’esprit de fraternité tel qu’il s’exprime, parfois avec beaucoup d’émotion, au sein de la Fraternité d’Abraham entre juifs, chrétiens et musulmans, en dépit des risques de conflits auxquels les extrémistes de tout bord nous exposent.

Émile Moatti

Une lettre de notre délégué général à Jérusalem, Émile Moatti a ouvert la réunion. Évoquant la mémoire de son épouse, décédée depuis peu, il écrit après s’être excusé de ne pouvoir être des nôtres :

Josette a été mon inspiratrice depuis notre adolescence, et nous avons partagé durant toute notre vie l’idéal de fraternité universelle propagé par la Bible et par la culture spirituelle des trois grands courants religieux juif, chrétien et musulman, inspirés par le premier Patriarche Abram, devenu par son mérite Abraham, « le Père d’une multitude de Nations. » Celles-ci sont appelées à surmonter leurs différences et à se réconcilier, toujours en dépit des erreurs du passé.

Durant les lois racistes du régime du gouvernement de Vichy, Josette avait été interdite d’école primaire publique laïque, mais accueillie par l’école « privée » catholique des « Sœurs de l’Assomption», qui était proche du quartier où habitaient sa grand-mère et son oncle maternels, au foyer desquels elle avait grandi. En effet, elle avait été orpheline de mère 3 mois seulement après sa naissance. Les Sœurs de l’Assomption respectèrent la volonté de sa famille pour qu’elle puisse conserver la pratique de sa religion juive, en la dispensant des prières chrétiennes habituelles de sa classe. Par contre elle suivit les cours de catéchisme dans lesquels elle se distingua. Elle réalisa ainsi en elle-même la synthèse des enseignements spirituels des prières juive et chrétienne, ce qui facilita plus tard notre connaissance du Christianisme dans le cadre de nos rencontres interreligieuses avec des croyants chrétiens.

J’ai été durant une bonne cinquantaine d’années un militant assidu des rencontres spirituelles entre croyants juifs, chrétiens et musulmans Je pense toujours qu’elles portent l’espérance des êtres de bonne volonté qui croient en l’avènement d’un monde meilleur, attentif au bonheur d’autrui, au nom des valeurs éthiques que nous partageons et dont nous témoignons.

Abderrahmane Belmadi

Les trois vice-présidents sont intervenus. Abderrahmane Belmadi, vice-président musulman a rappelé la convergence de trois grandes figures des traditions monothéistes : Averroès, homme de dialogue et de réflexion qui a marqué non seulement l’histoire de l’Islam mais aussi celle de l’occident non musulman, Moïse Maimoide qui sut garder le cap de la tolérance malgré les pressions religieuses ou politiques, Thomas d’Aquin partageant avec eux la conviction que foi et raison sont indissociables. Notre action aujourd’hui est bien conforme à la pensée de ces maîtres : ainsi notre programme Éthique et Économie qui vise à maintenir l’économie au service des hommes, ainsi notre projet d’améliorer la connaissance et donc la compréhension réciproque entre les grands courants spirituels qui, nés autour de la Méditerranée, animent la pensée européenne et forgent son avenir.

 

Jean Corcos

Pour sa part Jean Corcos, vice-président juif, analysant les sentiments anti-islam ou antisémites dont la montée ou la recrudescence inquiète, ne croit pas aux discours généraux invitant au nom des religions à se bien comporter. Le civisme, le respect de l’Autre et des valeurs de la République, c’est-à-dire l’apprentissage de la vie en société est une affaire de morale et de cohésion nationale et non de religions. Sans doute le retour du religieux, d’autant plus visible qu’il s’accompagne de l’observance parfois très rigoureuse de pratiques alimentaires, vestimentaires ou autres, peut aux yeux de certains, s’interpréter comme un refus de s’intégrer ; de même l’afflux migratoire peut inquiéter. Dans ce contexte, notre rôle aux côtés des autres institutions qui poursuivent nos mêmes objectifs de dialogue entre religions, c’est de proclamer nos valeurs et notre foi communes, comme cela sera notamment fait en organisant des conférences croisées entre les trois instituts culturels (Al Ghazali, Elie Wiesel et Bernardins), en traquant les délires complotistes et extrémistes qui fleurissent ici et là chez certains musulmans comme, hélas chez certains juifs et, cela étant, accepter de s’exposer à l’accusation d’insulter l’islam ou le judaïsme.

Père Pascal Roux

Enfin le Père Pascal Roux, vice-président chrétien souligne dans sa vie quotidienne de vicaire d’une paroisse populaire à Paris, les difficultés grandissantes dues à la détérioration de la situation internationale : montée d’un nouvel antisémitisme venu de couches plus jeunes qui n’acceptent pas la politique actuelle de l’État d’Israël à l’égard des Palestiniens, tandis qu’une méfiance grandissante à l’égard de l’islam touche une partie de la population. Il en résulte un grand scepticisme à l’égard de ceux qui persévèrent dans le dialogue. En contrepoint il est réconforté par la réussite de notre participation à des réunions comme celle organisée par la paroisse St Jacques du Haut Pas dont le thème était : Dialogue entre chrétiens et musulmans face au terrorisme, aux migrations et aux inégalités. De même celle organisée à Bourg la Reine sur l’accueil de l’étranger dans la tradition catholique. Ou encore de petits gestes mais dont les effets produisent un courant de fraternité et d’amitié durable comme cette distribution de cartes de vœux de notre archevêque Mgr Michel Aupetit à l’occasion de l’Aïd el Fitr. C’est dans notre foi qu’il faut puiser l’énergie nécessaire et dans l’action inlassable de personnalités qui peuvent modifier le cours des choses. C’est ainsi qu’il se réfère, pour terminer, à la visite en Arabie Saoudite du Cardinal Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, auprès du secrétaire général de la ligue islamique (son discours est rapporté dans le dernier numéro de notre revue daté de juin 2018).

Ces interventions dans leur complémentarité constituent selon le mot du Président Edmond Lisle, une véritable “feuille de route” de la vocation et de l’action de la Fraternité d’Abraham. Cette feuille de route a été précisée et détaillée par l’état d’avancement de notre programme Éthique et Économie présenté par Roland Burrus et par la mise en route d’un programme intitulé « La Méditerranée, berceau et devenir de l’Europe » présenté par Michel Sternberg.

Roland Burrus – Le Programme Éthique et Économie

Le cycle des conférences à l’Institut de France s’étant achevé au printemps de l’an passé, l’année écoulée a été consacrée à la préparation d’une rencontre internationale. Des contacts sont pris actuellement avec L’Académie Royale du Maroc et l’Académie Hassan II des Sciences et Techniques en vue de sa tenue éventuelle au Maroc à l’automne 2019. La fondation que nous avons créée avec l’Académie des Sciences Morales et Politiques finalise la liste des personnalités invitées et poursuit ses travaux au sein de plusieurs groupes qui devraient aboutir d’ici l’automne 2018 à des synthèses venant utilement compléter la note de base rédigée par Bernard Esambert et les matériaux engrangés au cours des conférences qui se sont tenues depuis 2016. Dans l’hypothèse où ce rassemblement ne pourrait se tenir, nous disposerons d’un ensemble de contributions et synthèses, susceptible de donner lieu à une publication de prestige.

Michel Sternberg – Le programme Méditerranée

Ce programme intitulé « La Méditerranée, berceau et devenir de l’Europe » sera constitué par un cycle de conférences qui débuteront à l’automne 2018 pour s’achever en 2020. Ce cycle sera organisé en collaboration avec le Collège des Bernardins, l’Institut Élie Wiesel, l’Institut al Ghazâli de la Grande Mosquée de Paris ainsi que des Temples Protestants de Paris. Alors qu’on célèbre le 500ème anniversaire de la Réforme de Luther, il est intéressant d’examiner comment sont nées et comment se sont réformées les différentes religions abrahamiques dans le contexte du développement historique des peuples et civilisations de la région euro-méditerranéenne au sens large (y compris Europe nordique, Asie Mineure, pays du Golfe arabo-persique, Afrique sahélienne). Après un prélude consacré à Abraham, Moïse, Jésus, Mohammed, le cycle comportera une première partie consacrée à l’étude du développement des trois religions monothéistes dans le contexte historique et culturel de l’époque, et une seconde consacrée aux réformes qui ont structurées les religions abrahamiques jusqu’à nos jours. Une première conférence sur Abraham, Ismaël et Isaac, vus par un musulman, est d’ores et déjà prévue à la Mosquée de Paris.

Pour terminer cet aperçu nous citerons de larges extraits de l’évocation faite de son tout récent voyage à Jérusalem par Djelloul Seddiki. Cette évocation fut complétée lors de notre réunion par les intervenions de Foudil Benabadji et Véronique Francou dont nous venons de publier une relation de leur voyage dans le numéro de notre revue datée de mars dernier.

Djelloul Seddiki – Voyage en Israël

Extraits de l’intervention de D. Seddiki, vice-président de la mosquée de Paris et membre du comité directeur de la Fraternité d’Abraham.

“Je suis parti avec un ordre de mission en tant que directeur de l’institut Al Ghazali mais pas en tant que vice-président de la Mosquée. Ma délégation était composée d’Abderrahmane Belmadi, responsable de la communication de la mosquée de Paris et le docteur Karim Ifrak chercheur reconnu pour ses travaux sur l’islam.

Cette visite faisait suite à plusieurs contacts que j’avais eus avec le Grand Mufti de Jérusalem, avec qui j’ai beaucoup travaillé. Nous nous étions rencontrés dans un grand congrès des mosquées du monde, en Indonésie en 2010, où je représentais la France. Fin mars, le Grand Mufti m’a invité à Jérusalem et j’ai accepté, malgré des réactions probables de mes frères ici en France. Ce qui se vérifia dès mon retour : j’ai été attaqué par divers organes de presse, qui m’ont traité de sioniste, alors que je suis parti comme quelqu’un qui voulait surtout savoir. Il y a un hadith du prophète et même une sourate des coalisés qui disent « méfiez-vous de ce qu’on vous dit ; il faut voir ».

Je vais parler avec mon cœur, sans hypocrisie, sous l’autorité de mon compagnon (NDLR. Karim Ifrak présent à la tribune à la demande de M. Seddiki)

On est parti à Istamboul le 10 avril, puis à Tel-Aviv. J’avais demandé à mon ami Jean-Claude Lalou : « Comment ça va se passer ? Est-ce qu’ils vont me poser des questions ? » J’avais préparé plein de réponses, mon ordre de mission, des références d’amis juifs. Mon visa n’était pas sur mon passeport, je ne voulais pas, mais sur une petite carte type Carte Bleue, pour 3 mois, sans droit de travailler.

Il y avait 2 guichets, pour parler français ou anglais. Au guichet français, une femme me demande « Vous faites quoi ? » Spontanément, je luis réponds « Je suis directeur de l’institut Al Ghazali— A la Grande Mosquée de Paris ? » A ma grande surprise, elle connaissait ; elle connaissait le salon de thé. On discute, on échange nos téléphones. Le responsable de la délégation palestinienne avait mis mon nom sur une pancarte et nous a menés à Tel Aviv. Tout, très bien.

On a roulé de nuit et j’ai vu un pays très développé. Je me suis senti un peu comme en Suisse. Pour passer en Cisjordanie, on a traversé un ancien quartier de réfugiés. Soudain, contraste, on a changé de continent…. on est passé d’un pays très développé à un pays sous-sous-sous développé.

On arrive à Ramallah. Je dis à Karim « Je veux bien intervenir, faire des connaissances … bien, mais moi je veux voir. Est-ce que tu veux bien que le lendemain, on aille visiter Jérusalem ? Pas dans un cadre officiel, mais je veux voir comment ça se passe. » D’autant plus que c’était le jour de l’Assomption (celle du prophète), un jour très important pour nous. Pendant des années, j’avais entendu parler de la mosquée, par mes parents et le grand-père de mon père, car dans le rite malékite, si vous ne passez pas par Jérusalem, votre hajj n’est pas complet. Tous les Maghrébins, avant 1948, devaient passer par Jérusalem. Ça a duré jusque dans les années 70. Après, c’était plus compliqué. J’ai pensé : « Je vais pouvoir compléter mon hajj. J’ai déjà fait plusieurs hajj ; là, je vais pouvoir voir la Grande Mosquée de Jérusalem. »

Nous étions donc à Ramallah. Ramallah, c’est très beau ; c’est un peu comme Israël, très développé. Ils nous ont mis dans un hôtel superbe, le Millénium. On avait de très belles chambres, grande nourriture libanaise. J’étais pressé de voir les gens, il y avait beaucoup de monde, une quarantaine de pays. Beaucoup sont restés bloqués en Jordanie. Deuxième jour : ils ont fait une vidéo-conférence et ils nous ont expliqué leurs problèmes. On a été bien reçu par le Grand Mufti, par les autorités palestiniennes. On a été se recueillir sur la tombe d’Arafat.

Puis j’ai dit : « Il faut aller à Jérusalem ». J’avais fait la connaissance de la créatrice d’une agence israélo-tunisienne, qui travaille pour le rapprochement entre les agences touristiques du monde arabe et les agences touristiques israéliennes. Je lui dis « Est-ce que tu peux m’amener là-bas? Je ne veux pas voir le programme officiel de l’autorité palestinienne ; je veux être un homme libre et voir ce que j’ai envie de voir. » Elle me dit « Il n’y a pas de problème ».

On est passé de Ramallah à Israël sans aucun problème. A la Grande Mosquée de Jérusalem, il y avait des israéliens druzes, Karim était avec moi. Ils m’ont demandé « Vous êtes musulman ? » J’étais étonné qu’ils me posent la question. « Oui, oui, je suis musulman—Hamdoullah, vous pouvez rentrer. » J’ai appris que si vous n’êtes pas musulman, vous ne pouvez pas rentrer sur l’esplanade. Cette esplanade fait 144.000 m2, 14 ha. Je croyais que c’était petit mais c’est énorme !

A côté, il y a le mur des Lamentations. Donc on a visité partout. J’ai été pris par une télévision jordanienne, on a donné une interview. Moi qui voulais être discret, être libre, je leur ai dit que j’étais venu dans un cadre d’échange sur les lieux saints. J’ai donné mes impressions sur la Grande Mosquée. Nous avons parlé du voyage du prophète.

Je ne sais pas comment vous dire, j’avais l‘impression de naître de nouveau. Je pense que toute personne qui va voir Jérusalem ne revient pas en entier. Il se passe quelque chose en vous. J’étais très heureux. Mais pourquoi on ne peut pas vivre en paix ? Je n’ai pas senti la tension en moi. J’ai vu des juifs qui passaient dans le quartier. Plus loin, dans le quartier orthodoxe, ça se passait bien. J’ai dit « Mais pourquoi tout cela ? »

Il y a toute l’histoire de Jérusalem qui passe devant moi. En -587, que s’est-il passé ici ? 72 ap. JC, que s’est-il passé ici ? Il y a la présence romaine, byzantine, puis la présence musulmane quand Omar, le 2° calife, est venu ici, j’ai été sur ses pas, pourquoi a-t-il refusé de prier dans une église ? J’ai été dans cette petite mosquée, qu’on appelle la mosquée d’Omar. J’ai dit « Tiens, c’était là ».

En fin de compte, ce qui manque aux Palestiniens, aux Israéliens, c’est une chose : des hommes visionnaires. J’ai commencé à rêver « Dieu, donnez-nous un grand Israélien, un grand Palestinien, qui vont nous sauver de cette misère des politiques, de la politique politicienne. Mais pourquoi, Dieu ? Donnez-nous ce grand Israélien, ce grand Palestinien ! Qui va dépasser ses intérêts collectifs. Après tout, nous sommes tous des humains. Avant d’être juifs, chrétiens, musulmans, nous sommes d’abord des humains. Et je repense au grand Ali, le 4e calife qui a dit « Frères dans la religion, frères dans l’humanité ». Mais pourquoi on n’arrive pas à surmonter… D’accord, il y a eu un partage en 47, c’est ainsi ! Pourquoi aller compliquer les choses ? Ces pauvres Palestiniens, ils sont confiants dans les pays arabes qui n’ont pas été inventeurs de résultats…

J’ai une idée que je vais soumettre à Aïcha (NDLR. la responsable de l’agence touristique dont il est fait mention plus haut). Pourquoi, à mon retour en France, on n’organise pas des voyages tous ensemble, juifs, musulmans, chrétiens, pour aller à Jérusalem, aller dans des mosquées, aller dans les synagogues, aller dans des églises et parler, parler entre nous, parler d’amitié…

J’ai poursuivi : « Nous les musulmans de France (ma famille est là depuis un siècle), quand on a voulu faire une mosquée, pensez-vous qu’on a fait appel à l’Algérie, à l’Arabie Saoudite ? En France, il y a 2584 mosquées, il y a 8 mosquées financées par l’étranger. Tout le reste, c’était nous. Je me rappelle, j’étais secrétaire général du conseil supérieure représentatif. J’ai réuni mes frères algériens, marocains, tunisiens, comoriens. J’ai dit « Pensez à vous ! Oubliez vos origines ! Vous êtes en France. » Et c’est là qu’on a commencé à construire nos propres mosquées, avec nos propres moyens et en France, on ne dépend de personne.

La seule chose qui nous manque, c’est de former de bons imams pour demain… pour qu’il y ait coopération entre Elie Wesel, les Bernardins et Al Ghazali, pour qu’on puisse former ces grands imams de demain et non pas les enfermer dans la seule théologie musulmane. Je ne vais pas faire un grand discours disant qu’on va libérer la Palestine et qu’il y aura Jérusalem Est pour les Palestiniens. Je vais vous choquer, je n’y crois pas. Je ne crois pas qu’il y aura demain un État palestinien. J’ai visité, il n’y a pas de continuité territoriale. Le seul salut, ce qui importe, c’est qu’ils vivent ensemble.

La seule façon, c’est de revoir, mes frères, nos programmes d’éducation. Si vous voulez former un Palestinien pour qu’il vive dans la paix, révisez vos programmes ! Je demande la même chose aux programmes d’Israël. Pensez que vous pouvez vivre ensemble. Et nous pouvons vivre ensemble à condition que chacun fasse un pas vers l’autre. Ce qui nous manque, ce ne sont pas les moyens, c’est le cœur, qui doit s’ouvrir vers l’autre. Je pense au jour où des juifs venus d’ailleurs — je ne pense pas aux séfarades qui connaissent davantage les musulmans — ne suspecteront pas le Palestinien d’être une bombe qui va exploser, mais d’être peut-être un citoyen avec qui partager cette Terre trois fois sainte.”

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