En Israël, au village Neve Shalom-Wahat as-Salam (NSWAS), les citoyens israéliens juifs et arabes coexistent en paix. La Fraternité d’Abraham est heureuse d’en présenter ici trois témoignages.

1 – Entretien avec Yonatan et Neta Dekel

Yonatan Dekel, 34 ans, est cinéaste et Neta Burd Dekel, 33 ans, est une économiste travaillant pour le gouvernement. Ils ont 2 enfants : Noam, un garçon de trois ans-et-demi et Ronnie, une fille d’un an-et-demi. Yonatan et Neta vivaient tous les deux à Jérusalem avant de venir au Village.

Quand avez-vous entendu parler du Village pour la première fois ?

Y. J’étais ici pour le concert de Roger Waters en 2006, mais plus tard, nous avons eu un ami qui connaissait Sagi Frish, membre de Fighters for Peace et de NSWAS. Sagi nous a fait visiter le Village, il y a environ trois ans-et-demi.

Quelles motivations pour venir au Village ?

Y. Communauté, idéologie, paysage.
N. Quant à l’emplacement , c’était aussi parfait parce que je travaille à Jérusalem et que Yonatan travaille à Tel Aviv. Mes parents vivent à Hod HaSharon (centre d’Israël).

Quand avez-vous demandé à venir au Village ?

N. Après avoir rencontré des habitants du Village et décidé que c’était un endroit où nous voulions vivre, nous avons fait notre demande il y a trois ans. Nous avons déménagé au Village il y a deux ans et avons été acceptés comme membres il y a un an. La famille vit maintenant dans une maison louée. Ils ont décidé qu’ils voulaient mieux connaître le Village avant de construire. Ils ont demandé à construire dans la troisième étape de l’expansion du Village, mais cela est actuellement bloqué administrativement.

Comment votre déménagement au Village a-t-il été accepté par la famille et les amis ?

Y. Mes parents, mes frères et sœurs, ont été heureux parce que nous avons pris une décision qui nous a aidés à réaliser nos croyances idéologiques. Depuis lors, notre décision les a amenés à remettre en question leurs propres convictions et à devenir plus actifs politiquement. Parmi mes amis, il y a ceux qui pensent qu’il est bon de vivre dans le Village et ceux qui pensent que je suis « un ennemi du peuple ».
N. La plupart des membres de ma famille et mes amis étaient entièrement d’accord avec ma décision et ont apprécié que j’agisse selon mes convictions. Parfois, ils posent des questions pour savoir comment cela fonctionne réellement, ils sont sceptiques ou dubitatifs. Ils me posent des questions, par exemple sur les arabes vivant dans le Village.

Quelle est votre implication dans le Village ?

Yonatan s’est immédiatement impliqué dans la création d’un club de cinéma qui présente des films pour les membres du Village, parfois précédés ou suivis de discussions. Neta est actuellement active dans le lancement d’un cours d’arabe pour débutants. Les deux jugent qu’il est important que tous les habitants du Village parlent l’arabe.
Y. L’an prochain, nos enfants iront à la crèche et ils en connaîtront bientôt plus que nous. Les enfants fréquentent actuellement la crèche du Kibboutz Nachshon tout proche, celle du Village ayant été fermée. L’année prochaine, la crèche rouvrira dans le Village.
Y. En ce qui concerne la participation aux comités, nous avons pris une position d’attente pour l’instant puisque nous n’avons pas encore construit notre maison.
N. Dans un avenir proche, lorsque nos enfants iront à la crèche du Village, nous participerons davantage.

Quelle est votre attitude envers la religion ?

Y. C’est ce qui est grand dans l’intention mais difficile dans la pratique.
N. Mon attitude est complexe, belle en principe, mais problématique dans la façon dont elle s’exprime.

Avez-vous quelque chose à ajouter ?

Y. Quand nous avons quitté Jérusalem, nous savions que nous ne pouvions pas retourner à Tel-Aviv. La vie là-bas est basée sur un gros mensonge, laissant entendre que tout va bien. NSWAS nous donne une chance d’habiter dans un endroit où nous pouvons vivre dans l’idéologie à laquelle nous croyons. Bien sûr, nous savons que le simple fait de vivre sur place ne suffit pas et qu’il nous faut aussi être actifs.
N. L’organisation par le Village d’une rencontre entre militants pour la paix, en marge du 50e anniversaire de l’occupation de territoires palestiniens, m’a fait réaliser à quel point j’aimais être ici dans ce Village. Cela m’a vraiment touchée et m’a fait me sentir fière de faire partie de la communauté. Ma mère et mes amis sont venus aussi. Et je pense que même mes enfants ont ressenti
l’atmosphère. L’événement nous a permis de nous rappeler pourquoi nous étions venus au Village. Ma vision de l’avenir est celle d’un Village qui parviendra à créer de plus en plus d’initiatives comme celle-ci.

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