LE 11 SEPTEMBRE 2001, AL QAIDA  ET SA MULTIPLE PROGÉNITURE TERRORISTE

Le 11 septembre 2001 Al-Qaïda s’était livré à la destruction des deux tours du World Trade Center de New York, faisant 3 000 victimes. Les États-Unis déclarèrent alors la « guerre au terrorisme », d’abord en Afghanistan, ensuite en Irak soupçonné (à tort) de détenir des armes de destruction massives. Vis à vis de l’Iran, pourtant soupçonné de vouloir se doter de l’arme nucléaire, pas d’intervention militaire envisagée mais mise en place d’un régime de sanctions économiques de plus en plus draconiennes destinées à affaiblir le pouvoir.

Dès le 18 septembre 2001, le Conseil de Sécurité des Nations Unies demandait aux Talibans l’extradition de Ben Laden auteur présumé de l’attaque du 11 septembre. Les Talibans refusèrent et promirent de résister à toute attaque. Une coalition internationale fut constituée mandatée par les Nations Unies (Résolutions 1386,1413,1444,1510), la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS). Forte de 5 000 hommes en 2001 elle fut progressivement portée à 140 000 en 2011 avant de redescendre à 58 000 en janvier 2014, dernière année de sa présence en Afghanistan. Ce pays est rendu en principe cette année à son entière autonomie avec un gouvernement démocratiquement élu et doté de ses propres forces de défense et de sécurité. Parallèlement aux opérations en Afghanistan, la chasse de Ben Laden se poursuivait. Il fut finalement traqué dans sa résidence au Pakistan et tué par les forces spéciales américaines le 2 mai 2011. Mais il avait fait de nombreux émules, au Yémen, au Soudan, au Nigéria, au Mali, en Libye, en Syrie et en Irak. Issu d’une riche famille d’Arabie Saoudite et proche de la famille régnante de ce pays, il l’avait quitté et rompu avec ses relations royales jugeant que ce pays était devenu infidèle à l’islam en accueillant sur son sol des forces armées américaines.

Après l’engagement en Afghanistan et pour poursuivre la lutte contre le terrorisme international, les États-Unis et leurs alliés occidentaux et arabes – mais cette fois-ci sans la France et l’Allemagne entreprirent une seconde guerre contre l’Irak, soupçonné de détenir des armes de destruction massive. (Les soupçons furent finalement révélés sans fondement).

La guerre débuta le 20 mars 2003 avec l’invasion de l’Irak par une coalition de 48 pays occidentaux, asiatiques et arabes, emmenés par les États-Unis. Le régi- me de Saddam Hussein fut vite vaincu et s’effondra le 1er mai 2003, mais de violents combats continuèrent entre la coalition et les groupes armés locaux : rebelles sunnites d’Al-Qaïda en Irak, Etat islamique en Irak et au Levant, rebelles sunnites baasistes, rebelles chiites Kataeb Hezbollah, armée du Mahdi. Saddam Hussein fut capturé, jugé par un tribunal local et pendu en 2006 et un régime comprenant sunnites, chiites et kurdes fut mis en place et des élections organisées, dotant le pays d’un régime de démocratie parlementaire. Si l’opération militaire fut rondement menée, la transition vers la démocratie fut mal conçue et mal conduite voire culturellement incompréhensible pour une partie de la population. L’ambition avait été de créer un gouvernement inspiré de celui du Liban, où chaque communauté aurait sa place et où, simultanément, l’économie d’un pays riche en pétrole, serait relancée, créant des emplois dans un cadre de vie sécurisé. L’échec est à peu près total. Le gouvernement présidé par Al Maliki un chiite (qui vient d’être remplacé par Haïder al Abadi), n’a jamais vraiment accepté le partage du pouvoir. Les chiites, majoritaires – mais sous Saddam Hussein brimés par la minorité sunnite au pouvoir – prirent leur revanche, brimant à leur tour les sunnites, cependant que les Kurdes aspiraient à plus d’autonomie dans leur région, particulièrement riche en pétrole. Les conflits communautaires s’exacerbèrent cependant que les forces de la coalition se retiraient du pays. Et mainte- nant s’y développe en même temps qu’en Syrie un nouveau conflit encore plus meurtrier, lancé par l’organisation « Daesh » ou état islamique. Entre 2003 et 2014 la guerre en Irak et les conflits communautaires et les attentats quasi quotidiens qui en furent la conséquence, provoquèrent sans doute plus d’un million de victimes très majoritairement des civils et l’exode de plus de 2 500 000 personnes, la moitié à l’étranger – pays voisins et Occident.

Parallèlement aux conflits à répétition en Afghanistan, à la révolution islamiste en Iran et à la première guerre du Golfe, la situation semblait s’éclaircir après la guerre de Kippour de 1973, malgré la première guerre du Liban de 1982.

Le Président Sadate avait été accueilli le 19 novembre 1977 à Jérusalem par le Premier ministre Menahem Begin pour y signer le traité de paix entre les deux pays. Il fut assassiné pour cela en 1981 par les fondamentalistes islamistes qui commençaient à se répandre partout en Islam. Les espoirs de paix suscités en 1977 furent minés par les intransigeances de part et d’autre, l’assassinat de civils israéliens et des implantations israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem. En décembre 1987 sous l’influence des fondamentalistes la première Intifada éclatait à Gaza puis s’étendit à Jérusalem suscitant une réaction d’autodéfen- se juive et la construction de nouveaux quartiers juifs à Jérusalem Est et ailleurs en Cisjordanie. Constructions motivées, il faut le reconnaitre, sous la pression des plus extrémistes des Israéliens ne voulant rien céder de « l’Eretz Israël» biblique.

Alors que Teddy Kollek, maire de Jérusalem pendant 28 ans à partir de 1965, s’était efforcé de normaliser les relations entre les populations israélienne et arabe de Jérusalem réunifiée, les deux communautés se replièrent ensuite sur elles-mêmes, dans une crainte et une méfiance réciproque, entretenue par les assassinats.

En 1988 le Hamas était créé, branche des Frères musulmans égyptiens, avec le but explicite de détruire Israël. Cette même année cependant Yasser Arafat avait accepté la solution des deux états et renonçait à la lutte armée, ouvrant ainsi la voie à des négociations avec Israël, les accords dit d’Oslo. Le 13 septembre 1992 à la Maison Blanche sous la houlette de Clinton, Rabin et Pérès signaient avec Arafat un accord selon lequel la Cisjordanie et Gaza seraient partiellement remis sous le contrôle de l’Autorité palestinienne (en attendant qu’elle en obtienne le plein contrôle), laquelle s’installerait à Jérusalem-Est, cependant que le roi Hussein de Jordanie conserverait son rôle de Protecteur des lieux saints musulmans de Jérusalem.

Beaucoup de problèmes concernant Jérusalem restaient en suspens mais un accord venait d’être conclu entre l’adjoint d’Arafat, Mahmoud Abbas et celui de Pérès, Yossi Beilin, lorsque, le 4 novembre 1995 Rabin fut assassiné par un fanatique israélien. Tout alors commença alors à se défaire. Des kamikazes du Hamas tuèrent quelques mois plus tard 25 passagers d’un bus de Jérusalem puis 18 autres sur la même ligne une semaine plus tard. Pourtant des négociations se poursuivirent jusqu’en juillet 2000 à Camp David où Yasser Arafat refusa finalement l’accord proposé par Ehud Barak, sous la médiation de Clinton. L’accord comportait l’attribution à l’Autorité palestinienne de 91% de la Cisjordanie, l’installation de la capitale palestinienne à Abu Sin et les faubourgs de Jérusalem Est, les quartiers musulman et chrétien et l’esplanade des mosquées étant placés sous la garde de l’autorité palestinienne.

Arafat refusa en disant à Clinton « Voulez-vous assister à mes obsèques ? » (Pensait-il au sort de Sadate et de Rabin assassinés pour avoir conclu, ou voulu conclure, la paix ?). Il ne voulait en aucun cas renoncer à Jérusalem allant même jusqu’à affirmer qu’il n’y avait jamais eu de Temple juif dans cette ville3. Il y eut aussi les rencontres d’Annapolis en 2007 et spécialement en 2008, avec l’initiative du gouvernement d’Ehoud Olmert, qui proposa sans succès aux Palestiniens des concessions encore plus importantes et généreuses qu’à Camp David… Les implantations autour de Jérusalem et en Cisjordanie reprirent alors de plus belle et le repli communautaire s’accentua de part et d’autre.

Gaza avait été évacué par Israël en 2005 et toutes les implantations israéliennes démantelées et leurs occupants rapatriés, laissant le territoire entièrement sous le contrôle de l’autorité palestinienne. Lors de la « Bataille de Gaza » du 7 au 15 juin 2007, le Hamas, mouvement extrémiste soutenu par l’Iran (et qualifié d’organisation terroriste par l’Union européenne, les États-Unis et le Canada, mais qui était parvenu en tête à l’issue des élections législatives palestiniennes de janvier 2006), prenait par la force le contrôle du territoire en éliminant physiquement ses opposants du Fatah.

Ayant statutairement pour objectif la destruction d’Israël et la réduction à l’état de dhimmis de tous les juifs de Palestine, le Hamas se lança dès 2008 dans sa campagne de tirs de roquettes sur les villes d’Israël – plus de 40 000 tirées en huit ans. Chaque fois Israël ripostait, tuant des civils, ce qui permettait au Hamas de stigmatiser Israël et de le faire condamner par l’opinion publique occidentale. Le conflit récent (Bordure protectrice) est le troisième après ceux de 2008 / 09 (Plomb durci), 2012 (Pilier de défense). Chaque fois, plusieurs centaines de morts côté palestinien dont entre le tiers et la moitié environ seraient des militants du Hamas. La disproportion par rapport à la Syrie ou l’Irak est éclatante, mais c’est contre le « génocide» de Gaza qu’on manifeste en France. On ne peut que se demander si ce n’est pas un prétexte commode pour raviver un antisémitisme latent à gauche comme à droite, qui n’ose trop encore s’exprimer publiquement.

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