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EDITO D’ACCUEIL
| "Le Dimanche 1er Janvier 2012, la Communauté SANT'EGIDIO organise une MARCHE POUR LA PAIX"
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|  | EDITORIAL N° 152
Ce dernier trimestre de 2011 est marqué par une crise économique mondiale qui s'aggrave exacerbée par les inquiétudes à répétition sur la zone Euro et sa monnaie (1), par une violence qui se poursuit en Syrie et en même temps par l'espoir (ténu mais tenace) que la démocratie remplacera les régimes autoritaires destitués par les soulèvements de jeunes du «printemps arabe» et qu'un processus de paix finira par s'enclencher au Proche Orient.
Sur quoi reposent ces espoirs? Avant tout sur les prises de position répétées des autorités religieuses.
Nous sommes heureux de reproduire ici les témoignages des représentants des principaux cultes présents en France, le 27 octobre dernier au Trocadéro à Paris, venus commémorer le 25ème anniversaire de la rencontre des religions pour la Paix à Assise en 1986. La convergence des messages et leur complémentarité soulignent l'influence que les hommes et femmes de foi déploient au service de la résolution des conflits dans le monde, de la réconciliation entre frères ennemis et de la construction d'une société à la fois diverse et accueillante, prospère et solidaire. Car si la paix revient, la confiance renaît et, avec la confiance, l'économie redémarre.
Un texte du Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim, Exercices d'espérance, portant plus particulièrement sur la paix au Proche Orient, et les réflexions que ce texte a suscitées chez un Chrétien, Monseigneur Deniau et un Musulman, le Professeur Sadek Selam, confirment le rôle qu'une contribution de religieux peut apporter pour clarifier les problèmes à surmonter dans la recherche d'une solution d'un conflit apparemment insurmontable, dès lors que sont rappelées et mises en pratique les exigences de la morale et de la justice que nous enseigne la Révélation monothéiste portée par les trois traditions abrahamiques.
Deux textes récents renforcent notre conviction que les religieux ont un rôle décisif à jouer dans les efforts pour rétablir la paix.
Le premier est un ensemble de déclarations de Benoit XVI, sous le titre général Le salut vient des Juifs, lors de son récent voyage en Allemagne, son pays natal: Le pape invite les chrétiens à se «rendre toujours plus compte» de ce qu’il appelle leur «affinité intérieure avec le judaïsme». Il propose une herméneutique de la continuité et non de la rupture dans le plan de salut de Dieu: «Pour les chrétiens il ne peut y avoir une rupture dans l’événement du salut. Le salut vient justement des Juifs » (cf. Jn 4, 22).
Le second est comme un écho protestant aux propos de l'Evèque de Rome. Le Pasteur Massini rappelle ce qui rapproche les Protestants des Juifs – la situation de minorité persécutée, l'attachement au Premier Testament, le troisième facteur enfin est théologique. Nous l’avons hérité de la tradition calviniste qui enseigne que «la nouvelle Alliance» n’élimine pas l’ancienne, mais que toutes deux constituent une seule alliance accordée de deux manières différentes (Institution II, 10.2). En conclusion, le Pasteur Massini résume la déclaration de Leuenberg sur la position des églises de la Réforme à l'égard du peuple juif : C’est ce que les Eglises issues de la Réforme en Europe présentent dans ce document où, après avoir reconnu la co-responsabilité et la culpabilité des chrétiens dans le processus qui a conduit à la Shoah et présenté une demande de pardon, elles affirment avec force le rejet de la théologie de la substitution (l’Eglise n’a pas remplacé Israël dont l’élection aurait été retirée), rappellent l’élection irrévocable du peuple juif, les racines juives de la foi chrétienne, le lien indissoluble entre l’Eglise et Israël, invitent à abandonner toute «mission» envers les Juifs, et reconnaissent le rôle central de l’Etat d’Israël pour le Judaïsme tout en rappelant la nécessité de trouver une résolution juste et pacifique du conflit du Moyen-Orient.
De l'ensemble de ces textes il ressort clairement que la solution du conflit au Proche Orient comportera nécessairement une dimension religieuse, centrée sur la ville sainte de Jérusalem: ville sainte pour Israël, capitale du Royaume de David et de Salomon, berceau des prophètes de la Bible hébraïque, cité du Temple de Dieu, «Maison de prière pour tous les peuples»; ville sainte pour les Chrétiens, qu'ils soient catholiques, orthodoxes ou réformés, car ville de l'alliance avec le peuple juif et ville ou Jésus prêcha, fut crucifié et ressuscita le troisième jour; ville sainte pour les Musulmans, car ville où Abraham offrit son fils en sacrifice et où le Prophète se porta en un voyage nocturne. Il appartient aux trois rameaux issus d'Abraham d'affirmer ce caractère triplement sacré de la «Cité de la Paix».
Deux autres textes traitent de la diversité des cultures et des civilisations et des remous ou conflits que cette diversité ne manque de susciter.
Le premier est une étude sur l'original hébreu du livre de Ben Sira le Sage, reconstitué à partir de fragments découverts au Caire (1896), à Qumran (1946) et à Massada (1964). L'auteur de l'étude nous rappelle opportunément que le conflit des cultures et des civilisations ne date pas de notre époque. Lors des conquêtes d'Alexandre, l'irruption de la culture grecque dans le monde juif du premier Temple entraîna non seulement la traduction de la Bible en grec (la Septante), afin de mieux diffuser la parole divine parmi des peuples qui ignoraient l'hébreu, mais entraina aussi une réflexion, dont Ben Sira est un témoin engagé, sur l'universalité du message biblique: Le besoin de trouver une réponse appropriée aux problèmes soulevés par le succès foudroyant de l’Hellénisme ont induit (Ben Sira) à identifier la Sagesse universelle à la Tora délivrée au Sinaï. Il souligne ainsi l’importance de la crainte de Dieu où il semble voir une réponse à la Sagesse, d’où la place appréciable réservée à la prière dans son œuvre.
Le deuxième texte est une conférence prononcée par Gerhardt Sabathil, Directeur au Service européen d'action extérieure de l'Union européenne. Il y traite de l'impact des nouvelles technologies de l'information et de la communication (TIC), en soulignant notamment leur rôle capital dans les mouvements de protestation qui soulèvent le monde arabe. Plus aucun gouvernement désormais ne peut négliger le pouvoir que donne à tout citoyen ces TIC. L'Union Européenne, pour sa part, entend s'en servir pour mieux communiquer avec, et influencer, les opinions publiques, non seulement des pays membres de l'UE mais avec celles de tous les partenaires extérieurs de cette dernière afin de mieux faire connaître les valeurs qu'elle défend : la démocratie, la liberté d'expression, de parole et d'assemblée, la liberté de culte, la liberté de la presse, les droits de l'homme, et par voie de conséquence, le respect de «l'autre», la tolérance, la diversité ethnique, culturelle et religieuse. L'UE conditionnera son soutien aux démocraties émergentes issues du «Printemps arabe» dans la mesure où ces droits fondamentaux seront assurés.
On voit ainsi se dessiner une double démarche en faveur de la réconciliation et de la paix au Proche Orient: la démarche des religieux, rappelant avec insistance la Révélation du Sinaï et les obligations d'amour du prochain, d'accueil de «l'étranger», de paix entre les frères en Adam que sont tous les humains; et la démarche des politiques, Union Européenne notamment si liée à la Méditerranée par l'histoire et la civilisation, prônant la démocratie et le respect des droits de l'homme et apportant son soutien aux peuples qui y souscrivent. Avec à terme, si Dieu le veut, la réalisation du rêve d'André Chouraqui, une Confédération entre Israël, la Palestine et la Jordanie, membre d'une Union Euro-Méditerranéenne.
Deux autres textes complètent ce numéro :
Le compte-rendu de deux soirées à Neuilly consacrées à André Chouraqui.
Un texte sur l'Association «Coéxister» - formée de jeunes de 15 à 35 ans - qui nous a fait l'amitié de nous proposer d'entreprendre des actions communes dès 2012.
Au moment d'aller sous presse, nous apprenons avec une infinie tristesse le décès du Grand Rabbin de Paris, David Messas. Il avait signé un texte important sur la mondialisation et la coopération internationale dans notre N° 150 de mai dernier. La Fraternité d'Abraham exprime à sa famille et à toute la communauté parisienne dont il avait la charge nos plus vives condoléances. Le souvenir des justes est une bénédiction.
Bonnes fêtes de fin d'année: Achoura, Hanoukka et Noël.
Edmond LISLE
(1) C’est pourquoi la Fraternité d’Abraham conduit une réflexion sur le thème «Ethique et Economie» Dans une première étape, la Fraternité d’Abraham projette de publier un «tiré à part» de son Bulletin trimestriel comprenant des articles ou des interviews de personnalités ayant réfléchi à ce sujet.
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| Un N° spécial de notre revue consacré à notre colloque du 14 novembre 2010 sur LES ORIGINES HISTORIQUES DES MONOTHEISMES est en vente à la Librairie La Procure 3, rue de Mézières à Paris 6ème au prix de 10€.
Il peut être commandé par poste à Fraternité d’Abraham B.P. 40 231 - 75364 Paris Cedex 08 au prix de 12 € (par chèque à l’ordre de la Fraternité d’Abraham)
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